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Les pratiques funéraires 

Trois types de sépulture ont été découverts en Phrygie, correspondant à différentes époques et à différentes couches sociales. Les deux premiers types de tombes, les tumuli et les tombes rupestres, impliquent une certaine richesse du mort pour leur réalisation. Le troisième type, les crémations,  pourrait convenir à des morts plus modestes mais la faible quantité retrouvée ne nous donne vraisemblablement pas une image complète des pratiques funéraires de la Phrygie archaïque.

Quelques tombes rupestres phrygiennes sont signalées, notamment à Beyköy et à la Cité de Midas. H.Gonnet (1981, p.182), qui est en charge de Beyköy, estime que les caractéristiques phrygiennes pour ce genre de monuments sont le petit porche à l’entrée et le toit à double pente. Elle ne propose pas de datation ; il me semble que ces tombes sont postérieures au VIIIes. mais ce sujet mérite des recherches complémentaires. Il ne faut évidemment pas oublier la grande zone funéraire de la vallée du Köhnuş qui groupe des tombes rupestres de différentes périodes, allant du VIIIes. au IV-IIIes. avant notre ère. Ces tombes se présentent généralement sous la forme d’une entrée simple, carrée, petite (environ 80cm de côté), sans décoration. A l’intérieur, la tombe est souvent constituée d’une pièce rectangulaire avec un toit en double pente. Parfois, des banquettes sont alignées le long des murs. Ce type de tombes dure plusieurs siècles sans grand changement. Il est donc particulièrement difficile de proposer une datation en l’absence de toute décoration ou trait particulier.

Quelques cas de crémations existent à Gordion au VIIes. et à Boğazköy au VII-VIes. Mais, là encore, les quantités sont marginales et ne représentent certainement pas la totalité des morts. Peut-être que nous n’avons pas trouvé les autres sépultures ? Ou peut-être n’est-il pas possible de les trouver, à cause d’un éventuel caractère périssable ? Il ne faut pas exclure cette dernière hypothèse faute de découvertes de nécropoles archaïques.

Le mode d’inhumation phrygien le plus impressionnant est sans doute le tumulus. C’est une pièce sans dromos, fermée après la déposition du mort par des poutres couvertes de terre et de gravats puis recouvertes par une immense quantité de terre qui forme la montagne du tumulus. Le mort est couché sur un lit, paré de nombreuses fibules (jusqu’à trente dans le tumulus MM) ; il est accompagné d’objets utilitaires en bronze (chaudrons, louches, bols à omphalos) et de meubles mais peu d’armes et pas de métal précieux. Des traces de tapisseries ont été retrouvées pendues aux murs. Ce type d’inhumation est le seul qui puisse être daté avec certitude des IX-VIIIes. Les tumuli soulèvent un certain nombre de questions :

- une différenciation régionale se dessine car tous les tumuli connus se groupent autour de Gordion et d’Ankara, laissant de vastes zones de vide. Quel type de sépultures employait-on dans les autres parties de la Phrygie ? Signalons la présence isolée d’un tumulus en Tyanide (Kaynarca) et de deux autres en Lycie (Bayındır) : comme il semble peu probable que ces deux régions soient de population phrygienne, devons-nous l’expliquer par la mort d’un Phrygien expatrié qui a voulu se faire enterrer selon les coutumes des riches Phrygiens ?

- Francovich (1990, p.9) remarque un point intéressant : comment expliquer que les premiers tumuli en Phrygie n’apparaissent qu’au VIIIes. si les Phrygiens sont présents en Anatolie dès le XIIes. ?

- Pourquoi, dans une société apparemment guerrière, des armes ne sont pas enterrées avec les morts dans les tumuli, hormis quelques rares pointes de flèches ?

En racontant un épisode de la vie de saint Théodore (IX°s.), Foss (1977, p.59) dévoile un lien intéressant entre des stèles et les tumuli. Des villageois demandent l’aide du saint car ils avaient déplacé une stèle de pierre du bord de la colline, ce qui avait libéré un démon qui les hantait depuis. Le saint applique le remède qui avait déjà guéri la peste d’Ankara : il fait une procession, replace la pierre dans sa position originale et plante une croix pour empêcher les démons de revenir. Le gouverneur voulait intervenir car il soupçonnait, à juste titre, que les villageois cherchaient un trésor, activité illégale. Or, il est connu en Turquie que les vieilles pierres cachent des trésors et que les collines, en particulier, révèlent de riches trésors, comme l’atteste le toponyme “Maltepe”(=colline au trésor). Un cas similaire arriva à un fermier qui creusa le bord d’une colline et libéra des démons. Le gouverneur punit fermement le fermier qui avait transgressé la loi en “violant une tombe”.

Ces indications sont intéressantes à plusieurs titres : l’action est située dans les environs d’Ankara, où de nombreux tumuli sont effectivement signalés. Les “collines” peuvent très bien être des tumuli qui s’élèvent parfois à de grandes altitudes, comme le tumulus MM dont 53m sont encore conservés, 27 siècles après. Des stèles gardent ces “collines”, ce qui explique peut-être la destination des orthostates publiés par Buluç en 1988. Remarquons qu’une stèle (Vermaseren 1987, n°51) représentant la Mère a également été trouvée dans le  tumulus C de Gordion.

King Midas - the legends and the truth